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05/02/2008

LA CULTURE MUSICALE SARDE !

La musique sarde est si riche qu'il s'en trouve pour tous les goûts ! L'un des thèmes musicaux se rapproche de la musique celte et notamment de la musique irlandaise ! Ainsi que les danses sardes d'ailleurs ! On voit souvent lors de fêtes villageoises, tous les habitants, toutes générations confondues, se prendre le bras et réaliser des pas complexes sur des rythmes de plus en plus endiablés au son des "Launeddas", sorte de flûtes (cousines des cornemuses) fabriquées bien souvent par les bergers lorsqu'ils sont en transhumance avec leurs brebis !

528f1120f434b3e048da266af7c24ab0.jpgL'un des fameux groupes sardes, fort connus et ambassadeurs de la culture musicale sarde est : Cordas et Cannas ! Leur site : http://www.cordasetcannas.net

Voici, ci-dessous, un échantillon de leurs compositions :




podcast

podcast

31/01/2008

NANEDDU MEU !

NANNEDU MEU...


Cette chanson qui est surtout à mes yeux un hymne, est repris par beaucoup de groupes musicaux sardes, dont CORDAS ET CANNAS ,JANAS, etc.


Nanneddu meu su mundu est gai,
A sicut erat non torrat mai.

Semus in tempos de tirannias,
Infamidades e carestias ;
Commo sos populos cascan che canes
Gridende forte "cherimus pane".

Famidos nois semus pappande
Pane e castanza, terra cun lande ;
Terra ch'a fangu, torrat su poveru
Senz'alimentu, senza ricoveru.

Cussas banderas numeru trinta
De binu bonu mudana tinta ;
Appena mortas cussas banderas
Non pius s'osservan imbriagheras.

Semus sididos, issa funtana
Pretende s'abba parimus ranas.
Abbocaeddos, laureados,
Buzzacas boidas e ispiantados.

Adiosu Nanni, tenet'a contu,
Fache su surdu, ghettad'a tontu ;
E tantu l'ides : su mundu est gai
A sicut erat non torrat mai.


Auteur : Peppino Mereù (1872-1901)

Pour qui ne connaissait pas la poésie Nanneddu meù, écrite il y a plus de cent ans, elle est une lettre ouverte que le poète écrivit à son ami d'enfance Nanni Sulis, et dans laquelle il réussit à exprimer, avec un amer pessimisme, les maux de la Sardaigne d'hier et la méfiance que, nous sardes, avons toujours vis-à-vis de ce qui peut sembler détourner notre regard de notre seul intérêt, la Sardaigne d'aujourd'hui.
Si l'on demande à n'importe quel sarde de chanter Nanneddu meù, il vous répondra qu'il le connaît. Si ensuite, on lui demande qui l'écrivit ou qui était Giuseppe Efisio Antonio Sébastiano Mereù dit Peppinu, vous lirez dans ses yeux un léger embarras. En effet, la beauté de tout celà est que l'énergie qui émane de la poésie a survécu au temps, il en résulte que le vent de l'art a obtenu celà en renversant la vie de qui était prêt à "Ecouter" !!!


Traduction et...un peu d'histoire :

PETIT JEAN

Cher Nannedu, ce monde est ainsi !
Comme il était, il ne redeviendra jamais plus :
Nous sommes en temps de tyrannie,
D’infamie et de famine ;
Comme ces peuples qui deviennent des chiens
En criant fort « Nous voulons du pain » !

Affamés, nous nous sommes nourris de châtaignes,
Terre avec des glands,
La terre est boue et laisse le pauvre
Sans nourritures, sans toit !
Nous sommes assoiffés aux fontaines,
Désirant de l’eau, nous ressemblons à des grenouilles !

Pire encore ! La faim frappe ardemment insistant
A toutes les portes et ne pardonne pas !
Petits avocats, licenciés,
Poches vides et fauchés !
Dans les campagnes, on mange mieux,
Comme les chèvres au milieu des buissons.

Lorsqu’ils ont faim, les petits avocats,
Pensent y trouver de la nourriture !
Même plus de rêves ! Leur problème
Est de soulager tant d’appétit !
Ces tristes corbeaux qui les laissent,
Plein de vices et de mauvais vices !

Canaille infâme ! Rempli d’orgueil !
Qui veut le sceptre et les commandes,
Mais ne nous fait pas revenir à ces anciens
Temps d’infamie et d’intrigues !
Complots à Rome, grand est l’obstacle :
L’épée est de fer, le bâton de bois !

L’apôtre idiot de ces Seigneurs
Feint d’être un Saint, bel imposteur !
Leurs corbeaux sont tristes et tourmentés,
Et sont la discorde des gens honnêtes !
Fous affamés, esclaves, faisons du vacarme :
Personne ne lève la main (le petit doigt !) !

Ces compagnies très nombreuses
De bon vin changent de couleur ;
A peine mortes, ces Compagnies
Ne se verront plus énivrées !
Ces corbeaux scélérats à qui les laisser ?
Plein de perfidie et d’escroqueries.

Et ainsi, tous nous faisons la guerre
Pour peu de jours de vie sur terre !
Adieu Nanni, tiens en compte !
Tu fais le sourd, tu feins d’être sot,
Beaucoup le savent : le monde est ainsi,
Comme il était ne reviendra jamais plus !


Auteur : Peppino Mereù (1872-1901)

Parmi les poètes majeurs en langue sarde, dans l’absolu. Il naquit à Tonara en 1872, d’un père médecin. Il mourût en 1901, à 29 ans, après une existence douloureuse, marquée par les disparitions prématurées de ses parents, tués par la phtisie, maladie due à la pauvreté. Il fût "carabiniero" par nécessité et il se déplaça en diverses localités de la Sardaigne.
Chantre amer et passionné par la marginalisation historique des Sardes, Mereù nous a laissé, malgré sa brève vie, une vaste production poétique. Nombreuses de ses poésies se sont transformées en chants populaires qui sont encore aujourd’hui interprétées par des chorales dans beaucoup de localités de l’île. Les plus connues : Galusè, dédiée à la source du même nom de Tonara, de Nannedu meù, adressée à son ami Nanni Sulis et à Génésio Lamberti.

« Je ne sais pas comment expliquer la poésie, mais je la reconnais lorsque je la vois » . Celui-ci est Peppino Mereù : Poète.

Peppino Mereù vécut entre 1872 ET 1901 dans une île où il était difficile de vivre (« ….inutile de préciser que par vivre, il faut entendre survivre (végéter) en attendant des jours meilleurs : on ne progresse pas, on est…. »), orphelin de père et de mère, quatrième de sept frères, "carabiniero" par nécessité, il parcourut en long et en large la Sardaigne pendant 4 ans, observa et apprit, après quoi, il tomba malade et retourna dans sa ville natale, Tonara, où il mourût. Un véritable vent.

Dans ce très bref arc de vie, il écrit de très nombreuses poésies. Avec réalisme, satyrisme crû, il passe au crible chaque type de milieu isolé, chaque situation émotive et il en tire des vers aigus, des images uniques.

Il est né et a vécu dans une Sardaigne de fin du 19ème siècle, personnage simple et direct, à la vie méconnue, Mereù est passé près de l’histoire de l’humain sur la pointe des pieds grâce à une poésie en particulier, Nanneddu Meù, qui en un peu plus de trente strophes reprend l’état d’esprit des sardes vis-à-vis des changements sociaux, économiques et politiques imprégnés de misère, brimades et protestations.

Pour et par respect envers Peppinu Mereù, pour ses poésies et –j’ajoute- pour toutes les personnes qui, comme lui, « écoutent », le Collectif « Peppino Mereù » de Tonara a recueilli et donné à la Presse, la plupart des poésies du poète tonarese (« Nannedu meù, poesias de Peppinu Mereù, éditions condaghes ; livre et jumelé CD de 79 minutes), transmises au fil du temps uniquement par tradition orale. Si la poésie réussit un peu à créer en vous des images et au-delà, je vous conseille la lecture et l’écoute des poésies de Peppino Mereù.