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30/06/2010

REPONSE A L'UN DE MES COMMENTATEURS : MONSIEUR PIERRE LAMMENS

L'un de mes commentateurs vient de me déposer un message stipulant et supputant que j'étais raciste vis-à-vis des "étrangers" à nos îles et notamment tous les touristes dans leur globalité !

J'use donc de mon droit de réponse et reprend ici, en article, notre échange (son message et ma réponse !) :

@Pierre Lammens dit :

SARDAIGNE : GARE A LA MOZZARELLA...BLEUE DEBARQUEE TOUT DROIT...D'ALLEMAGNE !!! :

"Bonjour ! C’est faisant quelques recherches sur la mozarella des Schtroumpfs allemands que j’ai trébuché sur votre site. D’un naturel curieux et ouvert, j’ai parcouru quelques uns de vos billets…. Je résumerai mes impressions d’un seul mot : Effarant ! Un mélange de candeur puérile quant il s’agit de vanter les –réelles- beautés de votre ile et de xénophobie fétide pour dénoncer le rôle néfaste de « l’étranger » sous toutes ses formes, du Teuton campeur au … reste du monde. Cerise sur le gâteau, le plaidoyer omniprésent en faveur des assassins du Préfet Erignac. La Sardaigne n’est pas la Corse que je sache et ses habitants ne semblent pas avoir succombé à la nauséabonde maladie de l’ultra-nationalisme violent et meurtrier. Que vous l’acceptiez ou non, la Sardaigne, tout comme la Corse, vit du tourisme –et des subventions de leurs états respectifs-. Cela présente effectivement un petit inconvénient : le tourisme semble amener des « étrangers »… La seule question qui se pose encore est celle de savoir pourquoi ceux-ci acceptent encore de remettre en cause toutes leurs valeurs morales et humaines afin de passer quelques jours – payés au prix fort- dans des lieux magnifiques, mais peuplés par quelques-uns des derniers totalitaristes Européens. Rassurez-moi : Vous ne représentez qu’une infime minorité ?"

Ce commentaire a été posté par Pierre Lammens.

"Monsieur ! Premièrement, vous stipulez à mots couverts que je suis raciste vis-à-vis des touristes "étrangers" (quand ce n'est des étrangers tout court !) et ceci, je ne peux l'admettre ; je vous invite à me relire et vous constaterez que je suis quelqu'un de très ouverte sur toutes les différences en tous domaines, étant moi-même native sur le sol français, de mère native de france et de père natif de Sardaigne ! Si je creuse dans mon arbre généalogique (et Dieu sait que nous sommes très nombreux dans ce cas, sur cette planète !), je peux me proclamer européenne, voire mondiale, car on trouve dans ma famille aussi bien des belges, des espagnols, des sardes, des français et très certainement des maures ! Vous me faites un procès d'intention car je ne me contente, au travers de mes articles, que de mentionner que je déplore l'attitude de ceux qui débarquent sur notre île en "conquérants", bien décidés à flouer leurs habitants, bien décidés à se conduire comme des "supérieurs" manquant d'un total respect non seulement vis-à-vis de la population résidante (elle peut être native de Sardaigne -en majorité- comme native d'un autre pays : on peut trouver en Sardaigne des marocains, algériens et autres natifs des autres pays du maghreb, des natifs de Hollande, de France, d'Allemagne, etc.) qui, de par le fait qu'ils dépensent quelques-uns de leurs deniers, pensent que tout leur est dû et que les sardes résidants (dans leur totale diversité d'origines) doivent être leurs servants ! Le peuple sarde a, de par sa culture, le sens de l'hospitalité mais n'est pas un peuple asservi et ignard comme certains auraient tendance à le croire, et a donc droit à un total respect ; c'est ce que je défends ! Dès lors que l'on se permet de venir saccager leur environnement, dès lors que l'on vient insulter leurs familles, dès lors que l'on vient assassiner leurs enfants et leurs anciens en traversant les villages avec des véhicules bolides à une vitesse grand V, dès lors que l'on s'installe sur les littoraux avec des campings cars sans dépenser un denier (même pas le prix d'un parking) dans les boutiques environnantes et que l'on repart en laissant des poubelles, dès lors que l'on traite les insulaires comme des bêtes de zoo sans cervelle en les prenant en photo (photographies que l'on utilise commercialement sans même demander la permission aux propriétaires de l'image que ce soit de leur personne ou de leurs ouvrages artistiques !), dès lors que l'on tente de les appauvrir en installant des entreprises à moindre coût, en bénéficiant de subventions de l'étât pour ensuite quitter l'île du jour au lendemain en abandonnant des sites avec moulte pollutions et les quelques salariés sardes dans un dénuement total et ce, en toute impunité, alors je ne peux que me récrier, m'insurger et dénoncer de la seule manière que je connaisse et qui rentre dans mes possibilités...en l'écrivant !!! La violence n'est pas dans mes gênes et n'est pas dans la culture sarde ni corse d'ailleurs, je le sais puisqu'ayant vécu quelques années d'enfance sur les deux îles ; les anciens, les professeurs, les parents ne nous l'inculquent pas ! Si quelques sardes et corses (une poignée d'entre nous) usent de la force physique, il ne faut pas généraliser, ils sont marginaux et marginalisés par la plus grande partie des résidants insulaires, y compris par les nationalistes ! Désolée d'insister sur ce point, trop d'amalgames sont faits à mon humble avis, non seulement par quelques médias mais par quelques administratifs membres de certaines écoles qui ont intérêt à donner une fausse image de la mentalité des insulaires des 2 îles ! Ce que nous défendons haut et fort ! Notre révolte s'inscrit avec des mots et des manifestations pacifiques, et avec des victoires d'élections criantes de vérité, pas autrement !!! Quand à l'affaire Colonna/Erignac, vous mentionnez, je vous cite :"le plaidoyer en faveur des assassins du Préfêt Erignac" et vous m'insultez, Monsieur ! Je suis désolée d'insister sur un point : Monsieur Yvan Colonna n'est pas un assassin, j'en reste convaincue et nous sommes au jour d'aujourd'hui 53856  (cinquante trois mille huit cent cinquante six !) personnes adultes et parfaitement capable d'analyser la situation, à en être convaincues ! Donc, comme nous sommes dans un pays démocratique où la liberté d'expression existe encore, je dis haut et fort, je l'écris en toutes lettres : "Je suis convaincue de l'innocence d'Yvan Colonna, c'est ma conviction et je l'assume !" Je n'accuse personne d'être l'assassin de Monsieur Erignac, je ne suis donc ni hors la loi, ni diffamante envers quique ce soit et surtout pas vis-à-vis de Mme Erignac et de sa famille ! De plus, je vous rappelle que, dès lors que la Cour de Cassation ne s'est pas prononcée, dès lors que, si la Cour de Cassation ne casse pas les décisions du dernier procès, un recours sera déposé auprès de la Cour Européenne, dès lors donc que des procédures sont encore en cours, Yvan Colonna a encore droit à la Présomption d'Innocence et qui, donc, le traite d'assassin fait preuve de diffamation et bafoue ce droit à la Présomption d'Innocence. Je vous informe que je transmets votre message et ma réponse aux responsables du Comité de Soutien d'Yvan Colonna et surtout aux membres de sa famille qui ont le droit de prendre connaissance de notre échange. Salutations."

Commentaires

Chère Madame, votre réponse enflammée n’est pas faite pour me surprendre. La contradiction ne semble effectivement pas faire partie de vos « coutumes et traditions ». Puisque vous avez bien voulu créer un espace d’expression public, permettez-moi d’élaborer à mon tour :
La lecture de votre blog m’a effectivement laissé un goût nauséabond de xénophobie… Pas de « racisme »… Anglais, de père français et de mère néerlandaise, élevé en Russie et en Italie, je ne me livrerai pas avec vous à un concours de diversité…
Quelques exemples seront plus parlants : Un de vos billets relate la mort –tragique- d’un jeune enfant Sarde, fauché par une moto. Votre compréhensible indignation cible dès lors les touristes, qui à bord de leurs « énormes véhicules » viennent semer la mort et la désolation dans « vos » paisibles villages… A la relation de votre récit, le doute n’est pas permis ; des « étrangers » ont tué un enfant du pays, au mépris de la prudence la plus élémentaire. Il aura fallu la persévérance de l’une vos interlocutrices (Marie) pour préciser un point de détail que vous aviez choisi de passer sous silence en relatant cette tragédie : Le responsable était l’oncle de la victime, lui-même Sarde. Exit l’ « étranger »… J’approuve la dénonciation de la « violence routière » qui en France, en Italie, dans le monde, tue chaque jour. Je regrette le procédé. La stigmatisation de ce type de comportement gagnerait en force et en crédibilité si elle visait de façon générale des crétins ivres ou inconscients qui fonceraient à tombeau ouvert dans les ruelles des villages Sardes, quelque soient leurs origines. Mais vous choisissez de ne vous intéresser qu’au rôle funeste -et en l’occurrence fantasmatique- des « étrangers »… Xénophobie ?
Un autre exemple ? Permettez-moi de vous citer « … ceux qui débarquent sur notre ile en «conquérants », bien décidés à flouer leurs habitants, bien décidés à se conduire comme des «supérieurs »… » Distinguons peut-être d’abord entre touristes et investisseurs. Les touristes qui visitent la Sardaigne sont à l’image de ceux qui parcourent le monde entier : certains sont merveilleux, d’autres détestables. Mais ils ont une attente commune, celle inhérente à la notion de service, qui caractérise l’industrie du tourisme. Si « servir » des « étrangers » -qui vous rémunèrent pour ce service - vous parait une notion inacceptable, il me semble que vous meniez une bataille perdue. Cette industrie est celle qui, faute de mieux, vous permet de vivre et de vous développer, ce « vous » devant être compris au sens collectif. Les investisseurs, ensuite. Ils ont souvent –à tort ou à raison, mais mon propos n’est pas d’ordre idéologique- les mêmes attentes et le même pragmatisme brutal à l’égard des Sardes, des Corses, des Belges, des Français, des Chinois ou des travailleurs vietnamiens. Les drames locaux qui en résultent ne sont pas le fait « d’étrangers » qui cherchent à nuire au « peuple-esclave » Sarde, mais la triste conséquence de la mondialisation. En ce siècle troublé, il est parfois intéressant d’observer les choses autrement que par le petit bout de la lorgnette… Cela ne doit pas pour autant entamer nos capacités d’indignation, mais nous amener à ne pas nous tromper de cible…

Il reste enfin la question de l’assassinat sauvage du Préfet Erignac. Je comprends et respecte votre « conviction intime » qui vous amène à proclamer l’innocence d’Yvan Colonna Mais épargnez-moi la complainte du « petit berger » perdu dans un monde de brutes. De mère bretonne, son père, Jean-Hugues, est l’un des députés socialistes clés des années Mitterrand. Pas un ouvrier agricole victime de l’oppression de l’état français. Yvan Colonna a été jugé pour ce meurtre – dénoncé par 4 de ses 6 co-accusés - Suite à sa condamnation par une première cours d’assise, confirmée en appel, le verdict de la cour de Cassation, portant sur la forme et non le fond, le renvoie aujourd’hui à nouveau devant une cours d’assise. Vous devrez reconnaitre que son procès respecte les règles de la démocratie, contrairement au « procès » fait par les ultra-nationalistes Corses à ceux qui les dérangent dans leurs activités politico-mafieuses ou qui ne se plient pas aux exigences de leur racket.
Je n’ai pas l’envie de « troller » sur votre site, manifestement destiné à un petit nombre de « partisans» unanimistes. Vous m’annoncez – sur un mode menaçant- que vous avez communiqué notre échange précédent à l’association de défense d’Yvan Colonna et à sa famille… Dois-je trembler devant leur vindicte prévisible ? Puis-je vous l’avouer ? Cela me fait rire ! Sans doute le côté « Puisque je suis impuissante à te répondre de manière libre et adulte, mon grand frère va venir te casser la g…. »…
Pour finir, un propos simple, que vous comprendrez peut-être : Je crois profondément en l’inclusion, à l’opposé de l’exclusion. Le particularisme régional, imposé de préférence par la violence, ne suscite en moi que mépris. Je respecte l’énergie et la tonicité de vos propos militants – que vous qualifiez ouvertement comme tels- mais je dois constater qu’en dernier recours, vous vous refugiez derrière d’autres. J’apprécie toutefois que vous ayez eu la courtoisie de ne pas censurer cet échange.

Bonne continuation et bon blog… J’espère que votre propriété familiale trouvera preneur. Pas un « étranger » « conquérant » et « supérieur », qui viendrait exploiter votre ile dans son énorme véhicule.

Écrit par : Pierre Lammens | 01/07/2010

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